Jeux à deux


Les affrontements de trois joueurs comportent une dimension relationnelle importante, quel que soit le jeu. Elle disparaît, théoriquement, dans les duels ludiques, ainsi que le hasard qu’elle génère ; pratiquement, si, dans le face à face, il en reste toujours un résidu, dans les parties médiatisées, ce n’est plus le cas : d’une part, cela rend possible les adversaires logiciels, d’autre part, les jeux asynchrones permettent d’échapper à la contrainte temporelle, particulièrement irritante pour un cerveau aussi lent que le notre.

À nos yeux, un jeu à deux ne s’avère intéressant que si des règles simples évitent de trop solliciter la mémoire. Ce n’est pas en raison d’une défaillance de notre mémoire à court terme, mais parce que sa mobilisation permanente génère une plus grande fatigue ! Nous jouons pour occuper notre cerveau, pas pour nous épuiser !

Ces jeux sont de deux sortes :

  ⚝  ceux de stratégie pure, excluant le hasard ;

  ⚝  ceux de hasard raisonné, dans lequel, le raisonnement limite les effets du hasard.

Comme les joueurs supplémentaires, à partir du troisième introduisent une part horripilante de hasard, excepté dans les jeux conçus pour égaliser les chances de tous les joueurs, comme le Scrabble Duplicate ou le Take it Easy!, nous les évitons.

En conséquence, les jeux à deux pratiqués sont, prioritairement, des jeux de stratégie pure &, accessoirement, des jeux de hasard raisonné comme Tantrix, Triominos ou des jeux de lettres, même si l’on peut y jouer à trois ou à quatre pour certains. Il n’existe pas à notre connaissance de jeux de stratégie abstraits avec des chiffres se jouant à deux.

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Les jeux de stratégie pure

Ceux nous intéressant sont des jeux de tablier, en d’autres termes, ils se pratiquent sur un tableau, soit dans les cases, soit sur les intersections des lignes & des colonnes.

Certains sont rectangulaires, d’autres hexagonaux ; dans d’autres, le tablier, inexistant au départ, est construit par chaque coup d’un des deux joueurs ; dans d’autres enfin, il est détruit tout au long du jeu. Ces jeux ne mettent en œuvre que quelques mécanismes ludiques très différents, ce qui permet de les regrouper.

  ➀  Les jeux par élimination ou de prises, sont ceux dans lesquels le but premier est de mettre l’adversaire dans l’impossibilité de jouer, soit parce qu’il n’a plus du tout ou plus assez de pièces, soit parce qu’il ne peut plus bouger celles qui lui restent.

Les mécanismes de prises font le charme des jeux : par remplacement (échecs), par saut (dames), par encerclement (tablut), par empilement (Dipole), par éjection (Abalone) ou par des mécanismes plus originaux comme dans le fanorona.

Les jeux de dames sont parmi les plus anciens de ces jeux, suivis par les échecs. Les jeux les plus récents sont ceux du type éjection ou empilement.

Parmi les jeux de dames, seules les dames françaises, dites parfois internationales (draughts en anglais), les dames turques (dama) & américaines (checkers) présentent un intérêt. Le dernier s’avérant un des deux jeux les plus pratiqués par les Américains avec le backgammon.

Le seul jeu d’échecs que nous pratiquons, en débutant permanent, est le xiang-qi, la variante chinoise aux parties plus brèves que celles des échecs occidentaux, même si ni le shogi (japonais) ni le makruk (thaï) ne nous indiffèrent.

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  ➁  Dans les jeux à but, il faut atteindre un objectif :

  ➁-1.  bloquer l’adversaire (Isola, Amazones),

  ➁-2.  placer un pion ou une pièce en un point précis du tablier (Camelot, Octi, halma),

  ➁-3.  joindre tous les pions (Lignes d’action ou Lines of ActionLOA),

  ➁-4.  joindre les deux côtés du tablier de jeu (Twixt),

  ➁-5.  réaliser une forme (le génial Trax).

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  ➂  Les jeux d’alignement nécessitent de réaliser un alignement de pièces dont la longueur varie selon le jeu (3, 4, 5 ou 6), quelquefois, la réalisation d’un nombre limité de prises permet d’obtenir, également, le gain, tout en diminuant ou en annihilant l’avantage du premier joueur (Pente, go-moku, puissance 4×4).

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  ➃  Dans ceux de territoire, il faut obtenir le plus grand territoire possible (Othello, go).

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  ➄  D’autres jeux combinent deux ou trois de styles précédents, comme ceux du projet Gipf (Gipf, Dvonn, Zèrtz étant nos préférés).

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Les jeux de hasard raisonné

Dans ces jeux, il s’agit de vaincre en appliquant des stratégies & des tactiques permettant de minimiser les effets du hasard. Ils sont de trois sortes : les jeux de cartes, les jeux de plateau & les jeux de tablier.

  ⚝  Des jeux de cartes

nous en pratiquons peu, car ils nécessitent, à notre sens un trop grand recours à la mémoire ; mais nous nous adonnons avec joie au Triominos (cartes=dominos triangulaires), au GTP (cartes=pentaminos) & au Tantrix (cartes=hexagones portant trois arcs de cercles de couleurs différentes). Malgré les apparences, ce sont des jeux de cartes, mais reposant sur d’autres matériaux que le carton.

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  ⚝  Les jeux de plateau sont soit des jeux de stratégie liés à une représentation de la réalité (Monopoly, Risk, Les Aventuriers du rail), soit des jeux de lettres (Scrabble, Jarnac), soit des jeux de chiffre (Take it easy!).

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Les jeux de tablier se résument pour nous au backgammon. Le pachisi nous semblant faire une part trop belle au hasard. Le jeu de l’oie comme le jeu des échelles étant des jeux de hasard pur.

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